Le siège de la société JohnsonDiversey

Introduction

Le souci de l’environnement et de la durabilité n’est pas une nouveauté dans le groupe SC Johnson, dont fait partie la société de produits d’entretien JohnsonDiversey (JDI). En 1997 déjà, pour la construction de son siège à Racine, dans le Wisconsin, JDI stipulait que l’immeuble devrait être " un lieu de travail à la fois agréable et respectueux de l’environnement. "1 Mais au-delà de la mise œuvre des toutes dernières tendances de la construction verte, les concepteurs ont dû relever le défi de travailler aux prix courants, pour arriver à un coût comparable à celui d’un immeuble ordinaire. Répondant ainsi au triple impératif de confort de ses occupants, de respect de l’environnement et de non dépassement d’un coût normal, cet immeuble innovateur constitue véritablement une réalisation exemplaire. Ce n’est donc pas sans surprise qu’en réexaminant en 2004 les caractéristiques du bâtiment dans le cadre d’un projet pilote LEED-EB (LEED pour bâtiments existants), son exploitant a constaté qu’il y avait place encore pour l’amélioration. Dans le projet originel du bâtiment comme dans celui de sa rénovation en vue de la certification LEED-EB, les systèmes de surveillance et de régulation, l’éco-efficacité et l’éclairage naturel ont tenu une grande place dans la conception. Les systèmes de surveillance et de régulation, dont l’omniprésence est une caractéristique majeure de ce bâtiment, ne sont qu’un des domaines dans lesquels le cuivre, et les avantages qu’il procure, sont largement présents.


Le siège de la société JDI à Racine, Wisconsin. Photo courtoisie de USGBC

Bien que cet immeuble soit une construction verte ayant donc fait l’objet d’une recherche poussée d’efficacité énergétique et d’utilisation de l’éclairage naturel, il est intéressant d’étudier le travail qu’a demandé sa mise aux normes LEED pour bâtiments existants (LEED EB). Comme Greg Bell de JDI le dit bien, en construction neuve et en rénovation, les décisions ne se prennent pas de la même façon.

Un bâtiment vert

Quand on construit du neuf en effet, on peut se permettre d’imaginer des solutions nouvelles susceptibles de devenir des systèmes ou de trouver leur place dans le projet d’ensemble. La seule contrainte est celle du budget. En rénovation, c’est différent : il faut justifier économiquement à l’exploitant chaque modification qu’on lui propose, en faisant valoir les économies escomptées. Ce n’était pas souvent possible jusqu’à présent, mais cela le devient de plus en plus. Dans le cas d’un renforcement d’isolation thermique par exemple, on sait assez bien chiffrer aujourd’hui les économies d’énergie à en attendre. Entre construction neuve et rénovation, les choix sont différents. Impossible par exemple de créer après coup un atrium central ou de doter une façade d’auvents réfléchissants (light-shelf) pour faire entrer profondément la lumière naturelle dans un immeuble existant. En revanche, il est parfaitement possible d’améliorer la surveillance de l’éclairage et d’en automatiser le fonctionnement.

Genèse du projet

Tout a commencé par un livre blanc où Stu Carron, le directeur mondial Installations et Biens immobiliers, expliquait ce que sont l’USGBC et la certification LEED-EB, et pourquoi JDI ferait bien de s’y intéresser. Ce livre blanc a conquis l’adhésion de la haute direction. Avec l’appui d’une aide extérieure, l’étape suivante a consisté à "déterminer quelles modifications seraient les plus facilement réalisables et les plus rentables, et à mettre par écrit des recommandations sur ce qui permettrait de répondre aux critères et d’obtenir les points LEED-EB."2 Ensuite Carron a mis sur pied une équipe de projet dans laquelle il a désigné un responsable pour chacune des catégories LEED, en prenant les modifications envisagées comme fil conducteur du projet à réaliser. Le travail a débuté par la définition de ce que Carron et son équipe ont appelé des " points de départ verts ", éléments pratiques dont la mise en place était déjà chose faite ou serait de réalisation facile. Les premiers résultats encourageants ainsi obtenus eurent pour effet de rallier l’entreprise au projet et de permettre au travail de se poursuivre sur cette lancée. Le plus ardu fut d’intégrer les méthodes et systèmes de l’entreprise, nécessité qu’imposait le programme LEED-EB.3

Systèmes de surveillance et de régulation

Parmi les "points de départ verts" sur lesquels le travail devait s’amorcer figuraient les équipements dont le bâtiment était déjà doté. Le travail à ce niveau allait être de constituer la documentation et, dans certains cas, d’apporter des raffinements aux imposants systèmes de régulation et surveillance des installations techniques.

Dans cet immeuble, l’ensemble des installations de chauffage, ventilation et climatisation est piloté par un système Johnson Controls Metasys qui surveille en permanence la température de l’air, son degré d’humidité, les niveaux d’éclairage, les consommations d’électricité et d’eau, les volumes d’air débités, la distribution des charges électrostatiques, ainsi que le fonctionnement des équipements et le niveau de CO2 dans tout les locaux de l’immeuble. Ce système permet en outre de paramétrer le déclenchement des alarmes et de déceler les dérives signalant la nécessité d’une maintenance.4 Les capteurs qui mesurent le CO2, la température de l’air et son humidité sont implantés un peu partout, aussi bien dans les chambres de mélange des principaux circuits de circulation d’air que dans certains locaux et espaces dont l’occupation est représentative de celle de l’immeuble.5


Part of the monitoring and control system. Photo courtesy of USGBC

Les modules de réglage d’ambiance, que l’on trouve dans 93 % des bureaux de l’immeuble, montrent à quel point la régulation est raffinée. Dans chaque poste de travail, que délimite des cloisons de 1,8 m (6 pi), un boîtier permet de régler librement l’éclairage, la température et la neutralisation du bruit ambiant. À l’entrée de l’occupant dans son bureau, le boîtier allume automatiquement la lumière et amène la température à la valeur qu’il a demandée. Au départ de l‘occupant, tout s’éteint. On obtient de la sorte des températures et un éclairage légèrement plus faibles dans les espaces non privatifs, et un meilleur effet du chauffage et de la climatisation à proximité des occupants. En outre, des haut-parleurs disposés sous son bureau et produisant un bruit blanc permettent à l’occupant de s’isoler, s’il le désire, du bruit ambiant. Ces équipements ont induit une amélioration de la productivité du travail et une diminution sensible des demandes de retouche du réglage de la température adressées au personnel de maintenance. Les espaces non privatifs tels que les salles de réunion disposent eux aussi de réglages pour la température et l’éclairage.6

Eau

Une étude minutieuse et l’utilisation de technologies bien simples ont par ailleurs permis à JDI de réduire nettement sa consommation d’eau. La remise en question de ses manières de faire lui a fait voir qu’au lieu d’eau potable, elle pouvait, pour l’arrosage, se servir de l’eau de pluie que retiennent les mares qui parsèment le terrain environnant. C’est cette eau uniquement qui alimente désormais les arroseurs automatiques, dont des détecteurs d’humidité placés dans le sol arrêtent le fonctionnement quand il n’est pas nécessaire. L’aménagement paysager n’a du reste pas été poussé plus loin que les abords immédiats du bâtiment.7 À l’intérieur de celui-ci, la recherche des moyens d’économiser l’eau a été tout aussi systématique.

Trois mois durant, toutes sortes de dispositifs économiseurs d’eau ont été testés dans l’immeuble pour voir lesquels répondaient le mieux aux besoins à satisfaire. Au terme de ces essais, les robinets ont été remplacés par des modèles automatiques à aérateur, dont le débit n’est que de 1,9 l/min contre 9,4 pour les robinets ordinaires (0,5 gal/min au lieu de 2,5). Même chose pour les chasses d’eau et les urinoirs, dont les débits ont été ramenés à 6 l (1,6 gal) par chasse pour les unes et à 1,9 l (0,5 gal) par rinçage pour les autres.8

Tous ces efforts ont permis d’arriver à une consommation se situant à 32 % au-dessous de celle que préconise la norme EPA de 1992 pour les appareils de plomberie. À elle seule, l’utilisation de l’eau de pluie pour l’arrosage a réduit la consommation d’eau potable de 9100 000 litres (2,4 millions de gallons).9

RÔLE DU CUIVRE

Où le cuivre est-il présent dans cet immeuble? On peut dire partout. Sous forme de tube dans les canalisations d’eau, ou sous celle de fil dans les innombrables réseaux de commande et de surveillance, il rend possible ou facilite le fonctionnement de toutes les installations auxquelles il apporte en plus sa durabilité. Par ses qualités et ses propriétés, le cuivre a joué un rôle capital dans l’obtention de la certification LEED-EB, comme le montre bien le tableau ci-dessous.

Conclusion

En 1935, H.F. Johnson est allé au Brésil étudier la culture du carnauba, ce palmier dont sa société tirait ses produits. Rechercher la durabilité et occuper une place de premier plan10 est devenu dès lors une tradition, que JDI a poursuivie dans son siège social en le dotant d’une foule d’innovations, à l’époque de la construction puis au cours du processus de certification LEED-EB. De par ses qualités intrinsèques et sa gestion efficace, le cuivre des réseaux qui innervent ce bâtiment concourt à cette recherche continuelle de la durabilité.

  1. Interview with Greg Bell, Director, Global External Communication, JohnsonDiversey March 2007
  2. USGBC LEED-EB Project Case Study: JohnsonDiversey Headquarters October 2004 pg. 6
  3. USGBC LEED-EB Project Case Study: JohnsonDiversey Headquarters October 2004 pg. 5-7
  4. Interview with Greg Bell, Director, Global External Communication, JohnsonDiversey March 2007
  5. USGBC LEED-EB Project Case Study: JohnsonDiversey Headquarters October 2004 pg. 38
  6. USGBC LEED-EB Project Case Study: JohnsonDiversey Headquarters October 2004 pg. 43
  7. Interview with Greg Bell, Director, Global External Communication, JohnsonDiversey March 2007
  8. USGBC LEED-EB Project Case Study: JohnsonDiversey Headquarters October 2004 pg. 19, 22
  9. USGBC LEED-EB Project Case Study: JohnsonDiversey Headquarters October 2004 pg. 21
  10. JohnsonDiversey