Historique de l’utilisation du cuivre dans les arts

Cette partie couvre l’utilisation historique du cuivre et ses alliages dans les civilisations nombreuses à travers les siècles. Il discute aussi les techniques historiques usées dans la réalisation des œuvres, et donne une indication de comment ils ont évolués.

A. Aperçu de l’histoire du cuivre
B. Techniques traditionnelles de fabrication de sculptures de bronze
C. Utilisation de ces procédés partout dans le monde

A. Aperçu de l’histoire du cuivre

L’utilisation du cuivre pur et de ses alliages remonte à la plus haute antiquité. La coulée du métal était déjà pratique courante au Proche-Orient
3500 ans av. Jésus-Christ. L’Égypte antique fabriquait des statues en bronze bien avant l’entrée de l’Europe dans l’âge du bronze. Le bronze
était également utilisé pour fabriquer des statues dans la Chine antique et en Thaïlande.

La Grèce antique et Rome amenèrent le bronze statuaire vers de nouveaux sommets artistiques. L’île de Chypre fut une importante source de cuivre pour le Proche-Orient, l’Égypte et le bassin méditerranéen. Chypre en grec se dit « Kupros », origine du mot cuivre en français.
À l’époque, les statues de bronze étaient fondues et réutilisées, surtout par les Romains.

En Afrique, la création de sculptures de cuivre et de bronze a débuté vers le IXe siècle alors que les Amériques s’y intéressaient depuis
l’époque précolombienne. La sculpture de bronze a connu un renouveau en Italie à l’époque de la Renaissance. Quant à la France, elle a
vécu un engouement pour la sculpture de bronze au milieu du XIXe siècle. L’intérêt des États américains pour la sculpture de bronze a débuté
à cette époque.


B. Techniques traditionnelles de fabrication de sculptures de bronze

À travers l’histoire, il y a eu quatre principales méthodes de fabrication du bronze d’art :

1. la coulée en moule
2. les feuilles de métal martelées
3. la coulée à la cire perdue
4. la coulée en sable


1. Coulée en moule

On pense que ce procédé a été le seul utilisé en Chine entre 2000 av. J.-C. et la fin de la dynastie Shang vers 1050 av. J.-C. Un modèle est fabriqué à partir de l’objet à reproduire, puis un moule en argile est fait sur le modèle. Le moule est ensuite découpé en sections afin d’en
dégager le modèle, puis les sections sont assemblées de nouveau après la cuisson pour former le moule de coulée. Si l’objet à couler est un
pot ou un bol, un noyau doit être disposé à l’intérieur du moule afin de former la cavité.


2. Feuilles de métal martelées

Les plus grandes et anciennes statues de bronze grecques avaient des formes très simples, car elles étaient fabriquées à partir de feuilles
de métal martelées et fixées l’une à l’autre par des rivets. La décoration était souvent faite à l’aide d’une forme en bois pour marteler des détails
en relief sur les feuilles ou encore en découpant les feuilles par « traçage ».


3. Coulée à la cire perdue

En Grèce, entre les années 500 à 480 av. J.-C., la technique du martelage a été remplacée par la coulée à la cire perdue. Cette technique
peut être réalisée de trois façons, soit par :

a. coulée à la cire perdue massive;
b. coulée à la cire perdue creuse par procédé direct;
c. coulée à la cire perdue creuse par procédé indirect.


a. Coulée à la cire perdue massive

Cette technique convient à la fabrication de petits objets. Un modèle en cire est recouvert d’argile puis chauffé à haute température pour
faire fondre la cire. Le bronze est ensuite versé dans le moule en argile. Lorsque le bronze est durci, le moule est cassé et la pièce en bronze massif est retirée.


b. Coulée à la cire perdue creuse par procédé direct

En premier lieu, on façonne un noyau en argile de la statue de dimension et de forme approximatives. S’il s’agit d’une statue de grande taille,
une armature composée de barres de fer peut être utilisée afin de stabiliser le noyau. Le noyau en argile est recouvert de cire et des tiges de coulée sont insérées pour permettre la distribution du métal en fusion à travers le moule. La couche de cire est recouverte d’argile, puis le
modèle est chauffé pour faire fondre la cire, créant un espace vide. Le bronze est coulé dans cet espace, puis refroidi. L’argile est ensuite cassée et la sculpture est retirée. Cette dernière est alors prête pour l’étape de la finition.


c. Coulée à la cire perdue creuse par procédé indirect

Cette technique était utilisée pour l’élaboration de la plupart des bronzes romains et de la Grèce antique. Puisque le modèle original n’est pas
perdu pendant le procédé, il est possible de le récupérer afin de fabriquer plusieurs statues de la même série.

On réalise d’abord un modèle en argile de la statue, puis on recouvre le modèle d’un moule sectionnel en argile ou en plâtre. Une fois sec,
le moule est retiré puis assemblé de nouveau et on applique de la cire d’abeille à l’intérieur du moule. Lorsque la cire est durcie, le moule est
retiré, révélant un modèle en cire. S’il y a des imperfections sur le modèle, les corrections sont apportées à cette étape.

Des tiges de coulée et des évents sont fixés sur le modèle en cire, puis le tout est recouvert d’argile. Le moule est chauffé et la cire fondue
est vidée. Le bronze est alors coulé et refroidi. Le moule d’argile est ensuite cassé pour en retirer la statue en bronze. Les tiges de coulée
sont retirées et les pièces moulées séparément sont assemblées. Les fondeurs de bronze grecs et romains sont reconnus pour leur grand
talent comme façonneurs de joints.


4. Coulée en sable

Au cours du XIXe siècle, ce procédé était utilisé en France pour la réalisation de la plupart des sculptures en bronze coulées. Utilisée depuis
1818, cette méthode exige que le moule original en argile ou en cire soit coupé en plusieurs morceaux, détruisant ainsi le moule original.

Les pièces du moule original sont recouvertes de barbotine, puis séchées. Le moule ainsi obtenu est retiré, puis un modèle original en bronze
est formé à partir du moule. Ce modèle original est utilisé pour la coulée de bronze.

Les pièces séparées du modèle original en bronze sont comprimées dans de grands blocs de sable de fonderie. Un deuxième bloc de sable
est posé sur le premier. Les blocs sont séparés et l’original en bronze est retiré, laissant ses empreintes dans le sable. Des tiges de coulée
et des évents sont découpés dans le sable afin de permettre la distribution du bronze en fusion à travers le moule et l’échappement des gaz.
Les blocs de sable sont liés ensemble, puis le bronze en fusion est versé dans le moule.

Une fois refroidis, les blocs sont séparés et les pièces en bronze sont retirées du moule en sable. Les tiges de coulée remplies de bronze
et les évents sont coupés à la scie, puis les pièces en bronze formant la sculpture sont assemblées à l’aide de goupilles ou de boulons.

Le modèle original servira à faire entre 15 et 20 coulées avant que les détails de la pièce ne s’estompent et qu’il soit nécessaire de
retravailler la pièce à la main pour renouveler la finesse des détails. Ce procédé permet de produire plusieurs bronzes assez rapidement.



C. Historical Use of These Processes Around the World

The following places are known for copper and bronze work through history:

  • Proche-Orient
  • Égypte
  • Chypre
  • Crète minoenne
  • Chine
  • Grèce antique
  • Ancient Rome
  • Rome antique
  • Thaïlande
  • Afrique de l’Ouest
  • Italie de la Renaissance
  • Les Amériques
  • France
  • États-Unis

Proche-Orient

La technique du moulage de pièces massives a été développée ici en 3500 av. J.-C. Des sculptures de bronze ont été retrouvées dans les
ruines de villes anciennes en Mésopotamie et au Sumer.


Égypte

À partir de l’ancien empire (vers 2420 av. J.-C.) jusqu’à l’époque gréco-romaine, la plupart des bronzes de grande dimension empruntait la technique de la coulée à la cire perdue creuse. La fabrication de certaines sculptures se faisait au moyen d’un noyau d’argile à l’intérieur. Certaines sculptures était faites à l’aide de feuilles de métal martelées. La forme des pièces moulées en métal massif était simple et aucune armature d’argile n’était utilisée.


Chypre

Le cuivre pur a été utilisé pour la première fois en 4000 av. J.-C. pour la fabrication d’outils. L’étain devait être importé pour fabriquer le bronze.
On pense que les bronzes à l’étain étaient faits à Chypre au début de l’an 2000 av. J.-C. Dans les années 1900 av. J.-C., Chypre apparaît pour
la première fois dans les registres du Proche-Orient en tant que producteur de cuivre portant le nom Alasia. Chypre était une importante source
de cuivre pour le Proche-Orient et l’Égypte pendant presque toute l’époque allant de 2000 à 1000 av. J.-C. Ce fût ce que l’on appelle l’âge de bronze. Le mot « cuivre » vient de « kupros » que les Grecs appelaient « l’île ».

Au début et au milieu de l’âge de bronze, le travail du cuivre et du bronze était fait à petite échelle à Chypre surtout pour produire des outils,
des armes, des épingles et des rasoirs. Le travail des métaux a repris vers la fin de l’âge de bronze. Des fonderies de cuivre ont été
découvertes dans plusieurs sites. Quelques exemples de bronzes ont survécu de 1450 av. J.-C. jusqu’à la fin des années 1300 parce qu’ils avaient probablement été fondus et réutilisés.

Une épave renfermant neuf tonnes de cuivre provenant de Chypre a été découverte au large de la Turquie. Le naufrage a eu lieu vers la fin
des années 1400 av. J.-C. Ceci est bien la preuve que Chypre était un grand fournisseur de cuivre dans les marchés de l’époque. À la fin de
l’âge de bronze, les œuvres en bronze de Chypre figuraient parmi les meilleures de la Méditerranée orientale.


Crète minoenne 2000 av. J.-C. à 1100 av. J.-C.

De 2000 à 1450 av. J.-C., le commerce de l’étain, du cuivre et de plusieurs autres métaux était florissant avec les autres cultures méditerranéennes. La Crète minoenne importait de l’étain et du cuivre et ses habitants ont développé de grands talents dans le travail du
bronze. La culture minoenne en Crète a connu un déclin important vers 1000 av. J.-C.


Chine

L’âge de bronze en Chine s’est étendu de 2000 av. J.-C. à 256 av. J.-C., englobant les dynasties Shang et Zhou. Les premiers bronzes
chinois étaient coulés dans des moules. Le bronze a joué un rôle important dans la culture chinoise. Des sculptures en bronze ont été
retrouvées dans les sépultures d’empereurs chinois.


Grèce antique

La technique de la coulée du bronze a été importée en Grèce de l’Égypte. La Grèce continentale était prospère à l’époque mycénienne,
d’environ 1600 à 1000 av. J.-C. Des objets d’usage quotidien aussi bien que des objets d’arts étaient parfois confectionnés en bronze.

La technique du martelage a été utilisée jusqu’à environ 500 av. J.-C. alors que la coulée à la cire perdue a pris de l’ampleur. Les sculptures
étaient souvent ornées de verre, d’argent ou de cuivre pour leurs donner des détails réalistes. Au VIe siècle av. J.-C., des fonderies
s’installèrent pour couler des bronzes creux de grande taille. Les pièces des statues étaient alors assemblées à l’aide de plomb fondu.
La plupart des statues étaient fondues pour réutiliser le précieux métal. Certaines œuvres de cette époque ayant coulé lors de naufrages ont
été retrouvées récemment gisant au fond de la mer.

On pense que les statues étaient produites en série par l’artiste et qu’elles n’étaient pas composées de pièces uniques. Des membres déjà fabriqués auraient même pu être ajoutés à des torses coulés séparément. Le procédé à la cire perdue permettait la production de bronzes en
série à partir du même modèle original.

Une coupe étrusque en terre cuite exposée dans un musée de Berlin est ornée d’une scène dépeignant une ligne de production de bronzes.
D’un côté, on y voit un travailleur assemblant les pièces d’une gracieuse sculpture nue, alors que l’autre côté dépeint une technique de
fabrication plus ancienne utilisée pour la réalisation d’une statue rigide et archaïque. Cette coupe permet de croire que les deux styles étaient utilisés à la même époque.


Rome antique

Plusieurs statues en bronze provenant de divers pays ont été envoyées à Rome où elles étaient fondues afin d’en récupérer le bronze et d’en faire des armes ou des sculptures romaines. Au premier siècle après J.-C., Pline l’Aîné écrivit sur la réutilisation du cuivre par Rome dans les fonderies de Brindisi.

En 1992, des pièces d’une sculpture en bronze ont été découvertes dans une épave gisant au fond de la mer Méditerranée au large de Brindisi. Des recherches ont démontré que les sculptures avaient été fabriquées entre le 4e siècle av. J.-C. et 300 après J.-C. et provenaient des
territoires méditerranéens orientaux de l’Empire romain. Voilà donc une preuve irréfutable que les Romains pratiquaient le recyclage du bronze.


Thaïlande 1500 av. J.-C. à 700 apr. J.-C.

Il y a des preuves que la coulée à la cire perdue pour des pièces en bronze creuses se pratiquait en Thaïlande aussi loin qu’en 1500 av. J.-C.
Dès 700 apr. J.-C., cette technique était utilisée pour façonner des images de Bouddha. De nos jours, la technique de la coulée à la cire perdue
est encore utilisée en Thaïlande.


Afrique de l’Ouest 900 apr. J.-C.

Des preuves de coulées de bronze datant de 900 apr. J.-C. ont été trouvées dans ce qui est maintenant le Nigeria. La civilisation de Igbo-Ukwu pourrait bien être une des premières en Afrique de l’Ouest à avoir fabriqué des sculptures de bronze à la cire perdue. On a retrouvé des récipients, des couronnes, des plastrons et des épées coulés en bronze et ornés. Plusieurs pièces étaient produites à partir d’une série de coulées, puis assemblées pour former une œuvre de plus grande dimension. De nombreuses sculptures sont faites d’une mince paroi de
bronze tenue en place par un noyau d’argile pendant la coulée. Si l’on pouvait atteindre le noyau d’argile après la coulée, il était cassé, puis
retiré.


Italie de la Renaissance vers 1400 à 1600

Le bronze a commencé à faire son apparition en sculpture dans les années 1400. Florence était alors le centre du travail du bronze et la ville
de deux artistes importants, Lorenzo Ghiberti et Donatello. Ce dernier, qui a vécu de 1386 à 1466, est considéré comme le plus grand sculpteur
du début de la Renaissance.

Donatello a réalisé des œuvres pour des églises, entre autres choses, et a influencé d’autres sculpteurs, dont Michel-Ange, au XVIe siècle.
Au cours de la deuxième moitié des années 1400, les petites statues en bronze et en laiton devinrent très populaires. Celles-ci étaient créées
à partir de coulées à la cire perdue, bien que les premières aient été en métal massif ou à la cire perdue directe.


Les Amériques de l’époque précolombienne jusqu’à ce jour

Les Indiens Purepecha produisaient des sculptures en cuivre martelé au centre du Mexique à l’époque précolombienne. Au milieu du XVIe siècle, les Espagnols ont établi un centre de fonderie à Santa Clara del Cobre qui, de nos jours, demeure un haut lieu de la sculpture du cuivre. En 1968,
la ville a eu pour mandat de créer le flambeau olympique pour les Jeux olympiques de Mexico.

Le cuivre pur est toujours utilisé, mais il n’y a plus de mines de cuivre dans la région. De nos jours, seul le cuivre de récupération est réutilisé.
La technique du martelage exige de chauffer le cuivre sur le feu jusqu’à ce qu’il puisse être martelé, d’abord en forme de seau, puis dans la
forme désirée. Des motifs peuvent être ajoutés à la pièce à l’aide de marteaux particuliers. La flamme, la suie et les cendres donnent une riche patine rousse à la pièce finie.

France 1877 - 1921

Né en 1840, Auguste Rodin a été influencé par Michel-Ange. Son œuvre L’Âge d’airain a été sa première statue en bronze de grandeur nature exposée sous son nom en 1877. Le Département français des arts a acheté L’Âge d’airain pour l’exposer aux Jardins du Luxembourg à Paris.
La sculpture Adam de Rodin, aussi appelée L’ombre, a été directement inspirée de l'œuvre de Michel-Ange.

En 1880, le gouvernement français commande à Rodin deux portes sculptées monumentales pour le futur Musée des Arts décoratifs. Les
portes mesurant 21 pieds de hauteur n’ont jamais pu être coulées dans le bronze de son vivant. Les modèles en argile des sections des portes
se sont écroulés avant que Rodin ne puisse terminer sa composition. Plusieurs de ces figures étaient coulées en bronze individuellement. En
1916, Rodin a fait cadeau de sa collection à la France et demanda qu’elle soit exposée dans un musée créé pour elle. Le Musée Rodin a été
ouvert au public à Paris en 1919.

Edgar Degas, né en 1834, était un sculpteur qui n’exposait pas ses oeuvres au public. À sa mort en 1917, plus de 150 sculptures ont été découvertes dans son atelier dont aucun moulage n’a été fait. En 1918, ses héritiers ont autorisé la production de bronzes à partir de 72
petites figurines. Le sculpteur Paul-Albert Bartholomé a eu le mandat de préparer les œuvres pour la coulée chez A.-A. Hébrard et cie, une fonderie parisienne. Vingt-deux moulages ont été faits de chacune des figurines dont un a été remis à la famille Degas et un autre offert à la fonderie.

Les œuvres originales et fragiles de Degas ont d’abord été soigneusement moulées. Les moules ont ensuite servi à tirer des modèles originaux
en bronze afin d’en faire des moules pour les modèles en cire servant à la coulée à la cire perdue. La première série de ces bronzes a été exposée à Paris en 1921. De nos jours, toutes ces sculptures, à l’exception de deux d’entre elles, se retrouvent au Metropolitan Museum à New York. Les sculptures originales de Degas et les modèles originaux utilisés pour les coulées ont été conservés, puis vendus aux États-Unis en 1955 et au début des années 1970. La plupart de ces œuvres sont maintenant exposées dans les musées de Washington et de Californie.


États-Unis

Avant le milieu du XIXe siècle, les Américains n’avaient pas la technologie nécessaire pour couler le bronze. À la fin des années 1840, Henry
Kirke Brown avait construit une fonderie pour couler ses propres sculptures en bronze. Il a travaillé avec l’Ames Manufacturing Company, fabricant de canons et d’épées, qui est devenu la première fonderie aux États-Unis à développer des compétences en bronze coulé.

En 1850, les fonderies ont commencé à s’établir pour la coulée en bronze, matériau considéré plus solide et plus pratique que le marbre. À la fin des années 1800, le bronze était utilisé plus souvent que le marbre. Après la guerre de Sécession, la coulée en bronze s’est étendue aux villes sur la côte est. Les sculpteurs pouvaient choisir parmi les fonderies qui leur donneraient les résultats escomptés. Certains des plus impressionnants bronzes américains sont le produit d’un travail d’équipe entre l’artiste et les travailleurs de la fonderie qui ont participé à la prise
de décisions portant sur la taille, la forme, la texture, le fini et la couleur. Les œuvres de Frederic Remington en collaboration avec les fonderies new yorkaises Henry Bonnard et Roman Bronze Works figurent parmi les plus beaux bronzes américains jamais réalisés.

En 1867, le sculpteur américain Augustus Saint-Gaudens s’installa à Paris pour étudier les beaux-arts et en 1870 il alla travailler à Rome. Il puisa son inspiration chez les artistes du XVe siècle Pisanello, Ghiberti, Verrocchio et Donatello. En 1877, il réalisa une statue en bronze démesurée pour un parc à New York. Le succès de cette œuvre lui valu une commande de vingt autres monuments publics. En 1891, Saint-Gaudens
sculpta un nu de Diane en feuilles de cuivre doré qui fut placé au sommet du Madison Square Garden. Comme cette statue mesurait 18 pieds
(5,5 mètres) de hauteur et qu’elle était trop grande pour la tour du toit, on réalisa une statue mesurant 13 pieds (3,9 mètres) pour la remplacer.

En 1892, Saint-Gaudens entreprit son dernier monument public, un bronze doré du général Sherman à cheval, mené par l’ange féminin de la victoire. En 1900, il est devenu le plus illustre des sculpteurs américains de l’époque. En 1905, l’État lui commanda de dessiner les pièces d’or
de 10 et de 20 dollars. C’est alors que sa réputation de maître de la grande et de la petite sculpture s’est confirmée.

Avant le XXe siècle, les bronzes américains étaient réalisés selon le procédé de la coulée en sable. Au début des années 1900, Roman Bronze Works est devenue la première fonderie à se spécialiser dans le procédé à la cire perdue. À cette même époque, la popularité des statuettes de bronze ne cessait d’augmenter. Tout comme le Bronco Buster de Remington, certains bronzes étaient coulés en grande dimension afin de satisfaire la demande du marché. Les sculpteurs se sont intéressés aux finis de surface et aux patines qui passaient du noir au brun à des
teintes novatrices telles le vert, le bleu, l’or et le jaune. La Première Guerre mondiale a mis fin au développement du bronze statuaire. La
sculpture de bronze aux États-Unis a connu son apogée entre la guerre de Sécession et la Première Guerre mondiale.