4. L’essentiel sur le cuivre



Lorsqu’il s’agit de concevoir et de réaliser une toiture, un réseau de distribution ou un ouvrage en tube de cuivre ou en alliage de cuivre, il faut commencer par examiner la compatibilité des matériaux de construction et ensuite évaluer les risques de dilatation et de contraction. Ces deux démarches sont importantes. La réussite d’un projet réalisé à l’aide de cuivre, surtout à l’extérieur, dépend de la façon dont ces problèmes
seront résolus.


Compatibilité

Les métaux et les matériaux ne sont pas tous compatibles. En présence d’humidité et d’oxygène, les métaux incompatibles (ne pouvant pas s’utiliser avec d’autres) mis en contact peuvent causer de la corrosion galvanique. Ces métaux finiront par se dégrader et le métal le moins
noble se décomposera. On peut utiliser des métaux incompatibles à condition de prendre certaines mesures, comme de poser un séparateur
entre eux. On peut aussi espacer les métaux à l’aide d’un séparateur ou d’un autre matériau. Si l’on opte pour un autre matériau, il faut s’assurer que celui-ci soit compatible avec les deux métaux. On peut consulter un représentant de la CCBDA en cas de doute sur la compatibilité d’un
métal avec



Le tableau ci-contre présente les degrés de noblesse de certains métaux parmi ceux qui servent le plus souvent en architecture. Plus un
métal est noble, plus son potentiel de cathode est élevé et plus son risque de corrosion galvanique est faible. Inversement, moins le métal
est noble, moins son potentiel de cathode est élevé et plus son risque de corrosion galvanique est élevé. Le cuivre peut s’utiliser avec le
plomb parce que ces deux métaux sont situés l’un près de l’autre dans le tableau. Plus on s’éloigne de la position du cuivre et qu’on
descend vers le bas du tableau, plus le risque de corrosion galvanique est élevé. Si l’on utilise du cuivre avec de l’aluminium, par exemple, l’aluminium ne tardera pas à être attaqué par la corrosion galvanique.


Il convient d’insister sur le fait que les organes d’assemblage utilisés doiventaussi être compatibles avec le cuivre. Autrement, le contact
des organes d’assemblage avec le cuivre causera de la corrosion galvanique et la dégradation du cuivre. Voici les organes d’assemblage compatibles avec le cuivre et ses alliages :

• clous de cuivre (ceux à tige plate ont un pouvoir de retenue plus élevé)
• organes de fixation et vis en laiton ou en bronze
• organes de fixation en acier inoxydable (alliages nos 304 et 316)

Ne sont pas compatibles avec le cuivre :

• clous et organes de fixation en acier
• clous et organes de fixation en acier galvanisé
• clous et organes de fixation en aluminium

Dilatation et contraction

La dilatation et la contraction du cuivre et de tout autre matériau en contact avec celui-ci sont fonction des variations de température. Lorsque
le cuivre est posé à l’intérieur, la dilatation et la contraction ne posent évidemment pas de problèmes. Mais lorsque le cuivre sert à l’extérieur,
la température à laquelle les travaux sont réalisés peut avoir une grande importance. Le cuivre se dilatera ou se contractera selon que la température sera supérieure ou inférieure à ce qu’elle était au moment de la pose. Ce détail est particulièrement important lorsque les feuilles
de cuivre ne doivent se déplacer que dans un seul sens.

Il est très important de poser le revêtement en cuivre en tenant compte du degré prévu de dilatation et de contraction. Lorsqu’on pose des
feuilles très longues, à la verticale, il faut prévoir que leur déplacement créera des ondulations, ce qui d’habitude est jugé inesthétique. Pour
réduire ces ondulations, on peut poser des attaches de dilatation et réserver l’utilisation d’attaches fixes aux segments ne dépassant pas dix
(10) pieds (3 m) de longueur.

Peu importe le type de revêtement en cuivre, l’architecte ou le concepteur doit s’assurer que le mouvement naturel du cuivre ne sera pas
empêché ou restreint. Autrement, le revêtement se dégradera et se brisera dans certaines situations extrêmes.

Avant d’utiliser des alliages de cuivre, il convient de vérifier les tolérances d’expansion et de contraction. On peut obtenir auprès de la CCBDA
les coefficients servant au calcul des tolérances pour les divers alliages.